Carte d’identité électronique et euro numérique : tout savoir sur le « portefeuille de demain »

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Après les billets de train électroniques et les solutions de paiement dématérialisées, deux nouvelles innovations s’apprêtent à nous simplifier le quotidien : la carte d’identité numérique, déjà à l’essai, et l’euro numérique, dont un prototype devrait être lancé dès 2023. Bientôt donc, nous voyagerons (encore) plus légers…

Des innovations qui facilitent le quotidien

▪ La carte d’identité électronique, comment ça fonctionne ?

L’application France Identité a été conçue par l’État pour que chaque citoyen dispose de ses données dans son téléphone (nom, prénom(s), date et lieu de naissance, entre autres). Une fois l’appli téléchargée, il suffira de scanner la puce de sa carte d’identité puis d’entrer un code personnel à six chiffres. À partir de là, il deviendra possible de prouver son identité via son téléphone, sans avoir à présenter sa carte. À noter toutefois que l’utilisation de la carte d’identité numérique restera facultative puisqu’elle « n’a pas vocation à se substituer aux modes alternatifs, formulaires papier ou guichet », comme l’a précisé le gouvernement.

→ Bon à savoir

Pour l’heure, l’application n’est accessible qu’en version « bêta » sur Android pour les détenteurs de la nouvelle carte nationale d’identité électronique (en vigueur depuis août 2021) et d’un téléphone équipé de la technologie NFC.

▪ La carte d’identité électronique, ça sert à quoi ?

Donner procuration pour un retrait de colis, s’inscrire sur les listes électorales, prouver sa majorité (sans divulguer le reste de son identité)… Un large spectre de démarches sera concerné auprès d’opérateurs publics et privés. L’utilisateur pourra par ailleurs s’authentifier aux quelque 1000 services en ligne reliés à « France Connect » (comme impots.gouv.fr, lidentitenumerique.laposte.fr, ameli.fr) avec son seul code personnel unique (sans identifiant).

→ Bon à savoir

D’ici 2030, un « portefeuille européen d’identité numérique » sera utilisable dans chaque état membre, pour diverses démarches. Par exemple : s’enregistrer à l’aéroport, ouvrir un compte bancaire, s’inscrire dans une université dans un autre état membre. La Commission européenne a d’ailleurs lancé une plateforme en ligne dans le but de recueillir l’avis des parties intéressées, afin d’élaborer un « outil pratique pour tous ».

▪ L’euro numérique, qu’est-ce que c’est ?

L’euro numérique – actuellement à l’étude – « serait l’équivalent des billets en euros, mais sous forme dématérialisée », apprend-on sur le site de la Banque centrale européenne (BCE). Comme les espèces, il serait émis par la BCE et par les banques centrales nationales de la zone euro et utilisable par les particuliers et par les entreprises pour les paiements de détail.

→ Bon à savoir

Une phase d’étude du projet d’euro numérique a été lancée par la BCE en juillet 2021 et devrait se terminer d’ici octobre 2023. Des tests et expérimentations concrètes devraient alors se déployer dans la foulée, durant une période qui pourrait durer trois ans.

▪ Quelle différence y’a-t-il entre l’euro numérique et l’utilisation de ma carte bleue sur mon téléphone ?

Lorsque vous utilisez une solution de paiement mobile (Apple Pay, Google Pay ou Samsung Pay par exemple), vous enregistrez une carte bancaire sur votre téléphone. L’argent provient donc d’une banque privée. L’euro numérique sera, lui, indépendant de toute banque privée, puisqu’il sera émis directement par la BCE et les banques centrales nationales, qui sont des institutions publiques.

→ Bon à savoir

L’euro numérique ne vise pas à remplacer les espèces. Il vise à mettre à disposition des citoyens un nouveau moyen de paiement complémentaire aux autres. Il existera en parallèle et pourra être utilisé partout dans la zone euro.

▪ En quoi l’euro numérique se distingue-t-il de la cryptomonnaie ?

Une cryptomonnaie comme le Bitcoin est « une monnaie virtuelle, non régulée par les États et les banques centrales », comme l’indique le site du Centre européen de la consommation. De ce fait, elle est très largement soumise aux aléas du marché, tandis que l’euro numérique bénéficiera d’une stabilité et d’une fiabilité équivalentes à celles de l’euro fiduciaire (les pièces et les billets).

→ Bon à savoir

La Chine a d’ores et déjà lancé sa propre monnaie numérique : le e-yuan. Elle est émise par la Banque centrale de Chine et utilisable via une application sur iPhone ou sur Android. Elle est pour l’instant en phase de test dans certaines grandes villes du pays.

Une sécurisation des données renforcée

▪ Carte d’identité numérique : qu’est-ce qui m’assure que mes données seront protégées ?

Dans ses « questions fréquentes », le site France Identité souligne que « les données d’état civil stockées de manière chiffrée dans la puce ne seront lues qu’après que l’usager exprime son consentement à la réalisation de la démarche. Pour cela, il doit saisir le code PIN associé à sa carte d’identité, qui est connu de lui seul. » Par ailleurs, au-delà du consentement, les données ne seront accessibles qu’après une vérification de l’authenticité du titre (via un scan de la carte), afin de s’assurer que celui-ci « est valide, qu’il n’a pas été volé, perdu ou cloné. » Le site précise également que la carte est développée de sorte que les données d’identité ne puissent faire l’objet d’aucun traitement à des fins commerciales ou publicitaires.

→ Bon à savoir

Parmi les innovations notables, France Identité permettra de fournir un « justificatif numérique d’identité à usage unique ». Autrement dit, l’usager n’aura plus à envoyer dans la nature des scans de cartes d’identité, avec le risque qu’ils soient réutilisés… Un bon moyen, en somme, de lutter contre l’usurpation d’identité.

▪ Euro numérique : qu’est-ce qui me garantit que mes données ne seront ni tracées ni piratées lors d’une transaction ?

L’une des solutions envisagées – bien qu’aucune décision ne soit prise à ce jour – est d’utiliser le système de la Blockchain, à savoir un système de gestion qui permet de stocker et de transmettre des données de manière sécurisée. Par ailleurs, selon la BCE, « un euro numérique permettrait d’effectuer des paiements sans partager avec des tiers d’autres données que celles qui sont nécessaires à la prévention des activités illégales. »

→ Bon à savoir

En avril 2021, la BCE a rendu publics les résultats de sa consultation publique sur l’euro numérique. Comme le rapporte le site de la CNIL* : « La majorité des répondants s’est prononcée pour un euro numérique fondé sur la confidentialité et la protection des données personnelles, utilisable hors ligne. »

*Commission nationale de l’informatique et des libertés

▪ Cybersécurité : comment Bouygues Telecom s’engage à vos côtés ?

Aucune innovation numérique ne peut se faire aujourd’hui sans une sécurisation appropriée. Afin de garantir la sécurité des données, Bouygues Telecom a créé en 2018 sa filière sécurité. Les objectifs sont clairs : prévenir les risques mais aussi favoriser le partage de connaissances entre les différents acteurs de la sécurité et les usagers.

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